Que dire du conseil municipal du 28 janvier 2015 ?


A nouveau un petit conseil municipal avec une trentaine de délibérations.

Avant d’ouvrir la séance, le maire a évoqué avec justesse les attentats de ce début d’année et tous les conseillers municipaux se sont levés pour observer une minute de recueillement à la mémoire des 17 victimes de ces actes criminels.

Puis la soirée a repris son cours.
Je n’ose pas dire le Conseil municipal car celui-ci n’étant toujours pas ouvert, nous avons eu un « point d’information / actualités » – comme cela semble devenir l’usage – à l’occasion duquel le maire, son adjoint aux finances et son adjoint à la sécurité sont intervenus au sujet de l’endettement de la ville et de la récente explosion du taux d’un emprunt, lié à la décision de la banque de Suisse de déverrouiller sa parité avec l’euro. Résultat pour la ville de Chambéry, un surcoût estimé à environ 900 000 euros et une vraie difficulté à envisager la sortie de cet emprunt sans coût rédhibitoire.

La question mérite, bien sûr, d’être évoquée en conseil municipal. Monsieur le maire qui prend l’habitude de rajouter des textes à l’ordre du jour au dernier moment aurait pu sans conteste nous informer de son souhait d’aborder cette question et aurait pu en faire un rapport d’information, transparent, source d’un débat contradictoire préparé aussi bien par la majorité que par l’opposition… Il n’a pas fait ce choix !

En revanche, il a fait donner ses spadassins… Monsieur Perrotton, adjoint aux finances nous a fait un exposé factuel de la situation, comme à son habitude, se gardant bien de désigner tel ou tel à la vindicte. Qu’il soit remercié pour sa courtoisie et son sens de la mesure. Il en est tout autre de l’adjoint Perez qui a pris soin de mélanger ses multiples casquettes… invité en cela à le faire par le maire qui l’a même désigné spécialiste juridique de la question des hypothèses à envisager pour trouver des solutions à cette envolée du taux d’un de nos emprunts. Bien sûr, l’actuel élu s’est drapé dans sa robe d’avocat pour nous faire état, non des solutions qu’il nous proposait en temps qu’expert mais pour toner contre l’ancienne équipe municipale, déverser sa bille et glisser une attaque ad hominem digne de la campagne qui a dû être menée en mars dernier. Pas très professionnel tout cela. Et surtout quel exemple que de voir un grand avocat chambérien se comporter de la sorte ! Ca fait froid dans le dos.

Mais les effets de manche sont efficaces et nous sommes pris de court face à la violence des mots. Les temps ont changé, les méthodes aussi et ce n’est pas glorieux.

Nous avons donc contesté la méthode d’instauration du débat, le réquisitoire unilatéral et le mélange des casquettes mais le maire assume la méthode et considère quelle a toute sa place au conseil municipal : nous appellerons donc ce moment la « délibération n°0 ». Dont acte…

Le conseil municipal a pu ensuite commencer.

Longue série de délibérations n’appelant pas de commentaire à propos du label information jeunesse, d’un avenant à la convention avec le festival du 1er roman, et la dissolution de Diapason 73.

Le rapport sur le développement durable, pour cette année encore fruit du travail de l’équipe précédente puis quelques désignations de représentants dans les collèges et lycées chambériens. Puis quelques mises à disposition d’agents. Bref, la routine, rien de vraiment neuf et surtout rien qui puisse nous laisser entrevoir un projet à proposer aux Chambériens.

Le rapport 17 limite le droit de préemption à seulement quelques secteurs dits stratégiques. L’objectif avoué est de réduire la charge de travail du service qui traite des questions foncières et donc d’effectuer des économies. Nous sommes dubitatifs et inquiets de voir la municipalité se priver de possibilités foncières sous prétexte qu’elle risque d’être noyé dans la multitude des dossiers à instruire…

Nous ne votons pas ce rapport.

Rapports 19 et 20 : vente de deux appartements. Décidemment, cette municipalité qui ne cesse de hurler contre la dette n’est pas aussi prompte à se rappeler qu’elle pourra peut-être la réduire grâce au patrimoine que les équipes précédentes ont constitué. Patrimoine qui fait l’objet de cessions à chaque conseil municipal.

Rapport 22 : la question de l’utilisation de machefers dans le Talweg en dessous des Acacias fleuris sur les Hauts de Chambéry est l’occasion d’un échange entre Michel Dantin et Guy Fajeau, lequel se voit traité avec un mépris insupportable de la part du maire qui se moque ouvertement de la question dont notre collègue se fait le porte-parole. Intéressant de noter que la question sera posée le lendemain par une habitante du quartier lors de la réunion du Scarabée en présence du maire et des élus.

Rapport 23 : un rapport important et attendu, permettant l’installation de familles de gens du voyage sur le terrain des Villières, libérant ainsi de la place sur celui du Genevoix et améliorant de fait les conditions de vie.

Ensuite, on coupe des arbres aux Charmettes, on régularise une convention avec l’apiculteur de Buisson rond. On parle aussi de la chaufferie bois, aboutissement de 10 ans de travail.

Rapport 29 : lancement d’une assistance à maitrise d’ouvrage pour la préparation de la fin de la DSP (délégation de service public) « restauration scolaire et personnes âgées ». Nous votons le rapport malgré le sentiment très fort que tout est déjà décidé et que le maire reconduira – au moins un temps – la DSP en attendant le positionnement futur de la Région et du Département qui auront d’ici quelques années à réfléchir aux aussi à cette question.

Rapport 30 : les actes passés par le maire dans le cadre de la délégation de signature qui lui a été donnée. Nous l’interrogeons sur le marché à bons de commande d’un montant maxi de 90 000 euros HT destiné à la communication institutionnelle de la ville !!! Bref, un grand cabinet parisien pour aider le maire à mieux communiquer… quand il s’agissait de reconquérir l’axe de la Leysse avec un grand nom parisien de l’urbanisme, le maire n’en voulait pas, mais quand il s’agit de communication, ça ne le dérange manifestement pas…

Rapport 31 : posé sur table au dernier moment. Au sujet d’une avance de subvention pour le centre social de Pugnet. Nous votons, bien sûr, ce rapport.

Puis le conseil municipal traite traditionnellement les vœux et questions au maire. Une question était posée sur le devenir de la MJC soumise à une liquidation judiciaire depuis juillet dernier. Réponse est faite en expliquant le souhait de l’actuelle municipalité de séparer l’activité MJC de la gestion du foyer des jeunes travailleurs. A suivre…

Enfin nous avions déposé un vœu pour que la municipalité se prononce favorablement à la localisation définitive de la future piscine couverte sur Chambéry comme l’avait décidé le conseil communautaire du 28 juin 2012.

C’est avec grande surprise que nous avons découvert que la majorité avait aussi déposé un vœu, dont nous ignorions l’existence, au sujet du Lyon-Turin et du contournement autoroutier de Chambéry… Vœu irrégulier puisque sans respect du délai de dépôt, à notre connaissance en tout cas. Nous faisons un rappel au règlement et là, stupeur et tremblements, le maire décide de retirer tous les vœux… alors que le notre avait été déposé dans les temps prévus par le règlement intérieur de notre assemblée.

Pas très beau joueur et surtout attitude mesquine d’évitement du débat qui ne l’honore pas. Il s’est platement excusé, a reconnu les erreurs de ses services mais nous a quand même empêché de présenter notre vœu… Qu’a cela ne tienne, nous en reparlerons, au conseil municipal ou ailleurs…

Voilà pour cette séance qui, une fois de plus, nous a permis de constater plusieurs choses :

  • une attitude inappropriée du maire dans ses réponses : mélange d’excuses quand il est pris sur le fait, d’agacement quand cela ne va pas assez vite, de mépris face à certaines questions et parfois même de moquerie… : pas très élégant tout cela.
  • un projet de cette nouvelle équipe encore difficile à identifier : gageons que les 90 000 euros HT prévus pour la com permettront d’y voir plus clair !!!
  • le leitmotiv de la contrainte financière, et la critique récurrente de ses prédécesseurs : nous le verrons à l’œuvre bientôt lors du budget qui tarde à venir mais dont on sait déjà qu’il n’y inscrira que 8 millions d’investissements. C’est peu, vraiment peu pour qui voudrait accompagner l’emploi… Un choix semble donc se dessiner : le nouveau maire privilégie le désendettement à la relance de l’économie locale.

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