Conseil de lundi, partie 1 : la forme…


La nuit faisant son œuvre après un Conseil municipal de près de 6 heures, je me suis réveillé ce matin en pensant – j’ose à peine l’avouer – au scénario d’un film grand public américain bien loin des références qu’on ose parfois afficher : Minority report.

C’est l’histoire d’un monde où l’on veut construire une société sans crimes et délits ni aspérités et où, pour ce faire, on tente d’anticiper chaque mauvaise pensée, chaque risque de passage à l’acte, chaque intention délictueuse de façon à pouvoir intervenir avant que l’événement indésirable ne se produise…

Evidemment, je n’ai pu m’empêcher de faire le parallèle avec la forme qu’a pris le début du Conseil municipal du 13 avril.
Vous savez, ce moment si important de la vie démocratique locale, ce temps d’échange et de débat devant les citoyens qui n’ont pas tous voté pour vous mais pour qui vous êtes néanmoins les élus, ceux qui doivent impulser et rendre compte, donner le cap tout en écoutant, agir dans un contexte bien réel tout en portant un projet et des perspectives.

Eh bien, hier, ce lien a été rompu entre une partie de la population chambérienne et la municipalité.

Rompu par une décision inédite, ahurissante et réglementairement risquée : la fermeture des portes de la Mairie et le filtrage des citoyens voulant accéder à la salle des délibérations.

Prétextant d’une menace pour la tenue du Conseil municipal proférée on ne sait où, le Maire de Chambéry, ville paisible et de commerce agréable comme le disait Jean-Jacques Rousseau, a considéré – après avoir consulté – que le danger était tel qu’il fallait fermer les portes de l’Hôtel de ville et filtrer avec barrières et mobilisation importante de la police municipale et nationale les entrées par l’arrière du bâtiment de la mairie.

Du jamais vu à Chambéry depuis des décennies : sans prévenir personne, sans utiliser le huis-clos, il a été décidé de ne faire entrer que certaines personnes, en refusant d’autres, sans raison valable. Une trentaine de « happy few » triés sur le volet, ricanant parfois dans le dos des élus de l’opposition étaient eux bien présents dans la salle des délibérations depuis le milieu de l’après-midi pour certains.

Bref, punir avant même d’avoir pu constater un risque avéré, considérer que toutes les personnes rassemblées sur la place étaient potentiellement dangereuses pour la tenue des débats ou je ne sais quoi d’autre, comme dans ce film américain. Bon film ? Mauvais remake…
Le film d’une crainte que l’on cherche à masquer derrière des mesures faussement autoritaires qui au final relèvent plus de l’arbitraire que de l’attitude responsable. S’il n’est pas élu par tous, le Maire est l’élu de tous.

Alors, nous avons déploré l’attitude du Maire qui, entouré de ses élus et de nombreux de ses partisans, s’affichait,  manifestement satisfait d’avoir tenu à distance cette population hostile . Ce genre de victoire à la Pyrrhus…

Nous avons demandé l’ouverture des portes et prévenu le maire des risques d’invalidation du Conseil qu’il prenait.

Il nous a répondu qu’il n’avait pas de leçons à recevoir, que les gens qui manifestaient n’avaient certainement pas voté pour lui, qu’il était outré que l’opposition ait soufflé sur les braises, participé à des réunions avec les associations…que lui n’avait jamais vu ça quand il était dans l’opposition…etc.

Tout cela laisse rêveur quand on sait tout le travail qu’ont effectué les proches du maire, parfois élus aujourd’hui, dans diverses associations ou mobilisations contre tel ou tel projet de l’ancienne municipalité depuis plusieurs années.

Non content d’empêcher les citoyens de venir assister au Conseil municipal, il voudrait maintenant empêcher les élus de faire leur travail en allant à la rencontre des associations et des habitants sous prétexte que nous ne pensons pas comme lui.

Face au refus d’ouvrir les portes, nous avons demandé une interruption de séance pour aller expliquer aux personnes rassemblées sur la place ce qui se passait.
Sans mélanger les rôles ni les genres, nous avons simplement dit que les portes étaient fermées car de prétendues menaces pesaient sur le Conseil… Et que, le maire ne voulant pas que les Chambériens viennent dans leur Maison commune, parmi les élus, certains élus avaient donc décidé de venir parmi les personnes empêchées d’entrer pour les en informer.

Puis nous sommes remontés siéger au Conseil.

Le débat sur le compte administratif et le budget 2015 s’est déroulé sur le fond, j’y reviendrai vite dans le second billet d’humeur à venir.

La suite est devenue presque immuable. Caricatures, insinuations grossières, mises en cause à peine voilées, sans fondements, sur différents sujets.

Je n’ajouterai rien aux propos justes et éloquents de Jean-Pierre Ruffier que je vous invite à écouter sur la vidéo : Jean-Pierre Ruffier (à partir de 3h 49min 49 sec).


Le blâme est donc tombé, net et précis.

Voilà ce que m’a inspiré la forme qu’a pris ce Conseil municipal. Honteux…

Nota bene : 
Vous aurez du mal à voir les échanges du début sur la question de la fermeture de l’Hôtel de ville car malheureusement les 10 premières minutes du Conseil municipal, avant notre demande d’interruption de séance, ont disparu de la retransmission voulue par la municipalité. Elles ont manisfestement été supprimées.
Quand je pense que le Maire s’est à nouveau félicité durant ce Conseil municipal de l’avancée démocratique que représentaient ces retransmissions…
C’est totalement inadmissible.

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