Ne pas oublier ce que nous sommes


vlcsnap-2015-11-16-16h51m26s322Le vendredi 13 novembre 2015, notre pays a été frappé par des attentats sans précédent perpétrés par des assassins à la solde d’organisations terroristes. Lundi 16 novembre pour la première fois dans l’histoire de la Vème république, le Président de la République s’est adressé à L’ Assemblée nationale et au Sénat, réunis en Congrès à Versailles. L’état d’urgence vient d’être voté, hier, quasi unanimement par l’Assemblée nationale, pour 3 mois. Notre pays balance entre fébrilité, émotion et détermination.

Dans ce contexte, l’Echo socialiste de cette semaine,  destiné aux adhérents, revient sur ces événements tragiques. Je vous en livre ici l’édito.

« C’est dans les moments exceptionnels que l’on voit émerger la vérité des hommes, leur sincérité, leur capacité à faire face, à assumer des responsabilités qui, pourtant, pourraient les dépasser.

Ce n’est pas une question de formation intellectuelle, de capacité à exercer des responsabilités politiques en temps « normal », d’habitude de la prise de décision dans une entreprise ou une grande administration… Bien sûr, la compétence des serviteurs de l’Etat est réelle autant que nécessaire, mais elle reste subordonnée à la lucidité, la clairvoyance, le calme, le courage et le discernement des dirigeants politiques dont le rôle est scruté.

Je ne sais pas si François Hollande se représentera, s’il sera élu le cas échéant mais, ce dont je suis sûr aujourd’hui – comme après l’effroi d’une peur rétrospective – c’est que Nicolas Sarkozy n’est pas à la hauteur, et ne l’aurait donc pas été s’il avait dirigé notre pays en de telles circonstances. C’est son naufrage intellectuel, caractériel, et celui de quelques uns de ses amis qui est la première conséquence politique visible de ces attentats.

Ensuite, nous pouvons disserter sans fin sur le sens des mots, sur les causes du drame, sur les failles éventuelles. Nous pouvons aussi dire qu’il faut ou non avoir peur, que ce n’est pas la peur mais le danger qu’il faut combattre, laisser parler nos instincts, nos pulsions ; nous réfugier dans les vieilles lunes.
Certains, très à droite, convoquent même les premiers « terroristes » : « Pas de liberté pour les ennemis de la République » nous dit Wauquiez, plagiant en le déformant l’aphorisme de Saint-Just, l’archange de la Terreur de 1793. Pas gêné le normalien, agrégé d’Histoire, de prendre cette référence sanglante qui fut, notamment, prétexte à l’horreur perpétrée avec le zèle infâme des médiocres quand ils usent d’un pouvoir exceptionnel.

Car l’enjeu, pour nous Français, Européens – mais aussi pour tous ceux qui sont attachés aux libertés individuelles et à la justice à travers le monde – est là : se défendre sans perdre notre âme, nos valeurs démocratiques et notre modèle de vie. En faire même le point de départ et l’inspiration du combat à mener pour un temps.

Tous ceux qui attisent la peur le font soit par calcul, soit par faiblesse. Dans les deux cas, nous devons les disqualifier car ils ne sont pas dignes de nous diriger ou de nous informer.

Engagés dans la vie citoyenne, notre responsabilité est de réfléchir à cela – avec du recul et du sens critique – avant d’agir trop vite, même en croyant bien faire. Essayons de mesurer les conséquences de nos actes, dans la longue durée et, surtout, n’oublions pas ce qui fait ce que nous sommes. »

Jean-Benoît CERINO
Premier secrétaire fédéral

 

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