Aux habitants de Chambéry


Dimanche 15 mai 2016,

Madame, Monsieur,

Les Chambériennes et les Chambériens ont été destinataires d’une lettre ouverte de Monsieur DANTIN, Maire de Chambéry, censée les informer et justifier le nouveau Plan de déplacements urbains dont la première phase est en cours de réalisation.

Monsieur le Maire nous faisant grief de notre désaccord, il nous semble que nos concitoyens doivent savoir qu’à ce jour, nous n’avons jamais eu la possibilité de délibérer au sujet de ces travaux, ni au Conseil municipal de Chambéry ni au Conseil communautaire. De même vous devez savoir qu’aucun document ou plan d’aménagement n’y a été présenté, malgré notre insistance. Ce débat devait se tenir, enfin, au Conseil communautaire du 18 mai – alors que les travaux sont largement avancés – mais le rapport mis à l’ordre du jour est limité à l’approbation de la nouvelle offre du réseau STAC (liste des lignes et des arrêts…). Toujours pas de débat sur la démarche globale !

Parlons de la place de la gare : comment le Maire et le Président de l’agglomération peuvent-ils croire être rassurants en parlant de remplacer les arbres sans pour autant présenter le projet qui justifie de les abattre ? Où sont les registres permettant à chacun de donner son avis ?

Parlons du quai du Jeu de Paume : deux alignements d’arbres entre le Palais de Justice et le musée des Beaux-Arts constituaient un front végétal formant le quatrième côté de la place. Il en subsiste quelques arbres mais ce front de place est totalement déstructuré. Irréparable !

Est-ce sérieux de s’indigner que des citoyens puissent s’inquiéter de tels travaux alors que rien ne leur a été présenté de précis ? Est-ce raisonnable de les réduire – sans les avoir associés, écoutés, considérés – à quelques contestataires manipulés quand ils sont plus de 7 000 à avoir signé une pétition pour être écoutés ? Et les Autorités judiciaires qui vont se prononcer sur les deux référés, ce vendredi 20 mai, sont-elles respectées dans ce passage en force à quelques jours de l’audience au cours de laquelle la Justice est appelée à se prononcer sur la légalité des travaux qui conduisent à abattre les arbres ?

Enfin, est-ce acceptable de balayer d’un revers de main la position de la commission consultative des services publics locaux (CCSPL) – qui vous représente – et qui s’est déclarée dans l’impossibilité de donner un avis, le 27 avril dernier, sur le plan de déplacements faute de concertation ? Du jamais vu !

Après un comportement si peu respectueux des habitants et de la démocratie, on s’attendait, de la part du Maire, à une argumentation aussi forte que le mépris affiché pour les Chambériens. Or, à la lecture de sa lettre, il apparaît comme une évidence que son exercice s’enlise dans l’autojustification, l’entêtement, la critique obsessionnelle et inlassable de celles et ceux qui tentent de faire leur travail d’élus minoritaires : informer, proposer, veiller et mettre en débat les préoccupations des habitants – tous chambériens – légitimes à s’exprimer quelles que soient leurs convictions.

Car, la motivation de nos actes ne procède pas d’autre chose que du lien profond que nous entretenons avec le lieu où l’on vit et les personnes qui l’habitent, avec cette ville-centre apaisée, embellie au fil des années, riche d’une histoire et d’un patrimoine qui exige, de la part des élus, d’être à la hauteur de leurs responsabilités.

Penser la ville de demain et ses déplacements, ce n’est pas bricoler une fonctionnalité douteuse en catimini, au mépris de celles et ceux qui la vivront. C’est construire un projet sérieux qui puisse être largement débattu, analysé, évalué et – autant que possible – partagé, avec le double objectif de faciliter la vie quotidienne et de préserver le cadre de vie.

Un Maire se voulant élu de tous les Chambériens ne peut espérer réussir une telle construction sans être à l’écoute des réflexions citoyennes. Cela relève d’une exigence juridique, certes, mais plus encore, morale.
En disant cela, nous pensons aux Chambériens qui n’ont pu oublier les concertations publiques du Pôle d’échanges multimodal (PEM) et du projet CHEMETOV. La maquette de ce projet d’envergure fut exposée durant des mois à la Maison du patrimoine (Hôtel de Cordon) – où chacun pouvait noter ses remarques ou critiques – et le stand de la ville à la Foire de Savoie, en 2012, lui fut consacré entièrement.

Face à la lettre du Maire qui laisse perplexe par son manque de hauteur, l’absence de mise en perspective d’une action conduite sans dialogue, nous n’avons que l’ambition de faire notre travail. Notre seule motivation consiste à vouloir que notre ville et notre agglomération relève le défi d’une approche urbaine qui ne soit pas seulement fonctionnelle ou technique mais qualitative et durablement attractive.

  • Faut-il, unilatéralement et sans débat, supprimer le centre d’échanges de bus, sans connaître les problèmes soulevés par des correspondances rendues difficiles ?
  • Où sont les études qui pourront garantir que les aménagements à venir amélioreront la situation sur les points de concentration de la circulation ?
  • Mieux desservir certains secteurs – c’est bien – mais, pourquoi négliger à ce point d’autres quartiers ?
  • Que penser du passage – qu’on nous annonce – de 400 bus/jour dans la petite rue de la gare, de 600 bus rue Jean-Pierre Veyrat,  peut-être nécessaire mais sans concertation ?
  • Que dire de la suppression de la desserte du lac du Bourget ?
  • Pourquoi construire un « silo à bagnoles » au cœur de la ville, près du pont des Amours ? Une faute urbaine majeure qui dégradera définitivement une importante entrée de ville alors qu’il pourrait être enfoui pour porter des constructions sans altérer la qualité urbaine ?

Il n’y a rien à craindre du débat démocratique. La légitimité des urnes – que nous ne contestons pas – ne permet pas de refuser le débat. Nous n’avons pu que prendre acte de l’enterrement du projet CHEMETOV – qui était le droit des vainqueurs – mais quelle alternative est-elle envisagée aux objectifs qualitatifs qu’il poursuivait ?

Nous en appelons au Maire pour que, du haut de l’autorité de sa fonction, il relance un projet d’aménagement urbain ambitieux pour la requalification de l’axe de la Leysse et rétablisse des relations de dialogue et d’apaisement avec les habitants pétitionnaires. Ces derniers veulent simplement être considérés : comment ne pas les comprendre ?
0001-2

Les élus de la Minorité municipale de Chambéry

La lettre au format PDF à télécharger et partager :
Lettre aux Chambériens – 15 mai 2016

 

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