Circulez (mal…), il n’y a toujours rien à voir !


Le Conseil municipal de Chambéry, ce lundi 7 novembre, aurait pu être l’occasion d’une belle et franche explication sur le nouveau plan de déplacements. Nous l’avions souhaité et demandé, forts des très nombreux témoignages d’habitants et d’usagers de notre ville et de l’Agglomération. Le Maire n’a pas souhaité mettre ce débat – sur le bilan – à l’ordre du jour…

Néanmoins, nous en avons parlé car il nous semblait totalement inconcevable que ce dossier qui suscite une très forte incompréhension ne soit pas évoqué dans le lieu du débat municipal.

Un petit conseil municipal, 18 dossiers et pourtant 3 heures de discussions.

Tout a commencé par un rapport d’information dressant le bilan du centre communal d’action sociale (CCAS). Après une présentation nourrie, Françoise MARCHAND – qui suit avec attention et précision les dossiers du CCAS pour l’équipe minoritaire – a questionné la Vice-présidente en charge sur la politique envisagée dans les prochaines années en matière d’accueil des personnes âgées. Le Maire a répondu que l’agence régionale de la santé (ARS) n’envisageait plus aucun projet finançable de nouvel établissement avant 2023 sur toute l’agglomération. Peut-être aurons-nous un établissement supplémentaire dans le secteur Saint-Alban/Bassens, à en croire le Maire.

C’est un sujet très sensible et délicat dont l’acuité ne cessera de se développer dans les prochaines années. C’est le lot de notre démographie qui nous permet d’espérer vivre bien plus longtemps, fort heureusement, que nos parents et grands-parents.

Il n’en reste pas moins qu’il faut prévoir et anticiper car les projets publics sont longs à sortir de terre et que les structures privées sont souvent bien trop onéreuses pour les familles.

Ce dossier n’appelait pas de vote.

Nous avons ensuite étudié un rapport mal – ou trop bien – ficelé sensé nous faire valider des aménagements d’espaces verts et d’éclairages public dans le cadre des travaux effectués pour le nouveau plan réseau de bus.

Le texte de la délibération faisait bien état des aménagements en question pour un peu plus de 83 000 euros à la charge de la ville mais les conventions annexées – elles – insistaient largement sur les 1,123 millions de travaux du réseau des bus dans les seuls secteurs de la gare, du centenaire et des Allobroges.

J’ai donc indiqué que nous ne voterions pas ce rapport qui nous demandait implicitement de valider des aménagements sur des travaux qui n’avaient jamais été mis en débat avec les habitants ni avec les élus qui les représentent.

Henri DUPASSIEUX, Guy FAJEAU et Alain CARACO, fins connaisseurs du dossier et des méandres des lignes de bus que nous pratiquons tous, sont intervenus avec pertinence pour constater les nombreux dysfonctionnements.

Ensemble, nous avons rappelé notre opposition à la suppression d’un centre unique des bus, faute originelle qui rend, de fait, ce nouveau plan de déplacements quasiment impossible à améliorer, sauf à la marge.

Face aux difficultés du quotidien pour les déplacements de nos concitoyens, il faut recréer un centre unique d’échange des bus et rétablir les dessertes fines supprimées à tort au détriment des usagers.

voiturettes électriquesA minima, j’ai expliqué qu’il faudrait déjà remplacer les « Vélobulles » par de petits véhicules électriques (type voiturettes électriques de 4 ou 6 places comme celles de la photo illustrant ce billet) capables de remplir les mêmes missions mais bien plus accessibles aux personnes âgées ou à mobilité réduite et pouvant transporter plus de personnes.

J’ai rappelé notre profond désaccord sur le fond avec ce nouveau plan de déplacements tout en indiquant regretter que l’on ne puisse pas débattre, au Conseil municipal, de solutions visant à améliorer l’existant, malgré toutes les erreurs commises…

Puis le débat s’est naturellement déporté vers la question du boulevard de la Colonne à l’initiative même du Maire qui nous a expliqué qu’il prendrait sa décision sur le devenir de cet espace stratégiquement essentiel de l’hypercentre dans les prochaines semaines. Il avait déjà affirmé dans le Dauphiné Libéré qu’il agirait en « son âme et conscience ». Je le lui ai rappelé en m’inquiétant qu’un Maire puisse, seul, sans études préalables, sans concertation avec les habitants et sans prendre vraiment le temps de l’analyse, trancher une question aussi importante et engageante pour les prochaines années.

Il m’a été répondu qu’il y aurait des groupes de travail : quand ? Tout cela n’est pas très sérieux et donne l’impression que l’on met la charrue avant les boeufs et ce nouveau projet, sorti du chapeau, surgit pour tenter de limiter les conséquences fâcheuses du nouveau plan de déplacements… Bref, rien n’a été anticipé !

Rappelons, tout de même, pour la bonne information de chacun que la Municipalité envisage de créer une nouvelle percée allant de l’avenue des Ducs vers la mairie en passant par la rue Guillaume Fichet et l’avenue Charles de Gaulle, coupant ainsi le boulevard de la Colonne en deux et quelques arbres au passage…L’objectif étant de créer une entrée/sortie de ville dans le secteur Est de Chambéry, du pont des Amours au boulevard de la Colonne.

Ce dossier m’a permis de rappeler, avec Jean-Pierre RUFFIER, notre opposition à la construction d’un parking en silo de 500 à 600 places, en aérien donc, dans un secteur où il serait préférable de mettre du logement du fait de la proximité de l’hypercentre. La Municipalité s’obstine à vouloir défigurer le secteur avec un geste architectural qui revient à mettre le parking de la falaise au pont des Amours, entre le monument aux morts et la Leysse…

Il faut du stationnement dans ce secteur surtout si à terme il s’agit de supprimer le stationnement de l’avenue des Ducs pour créer une ligne de bus en site propre (TCSP). En revanche, ce stationnement doit pouvoir être en partie enterré pour optimiser au maximum le foncier dans un secteur stratégique et gérer ainsi l’afflux de population nouvelle. De plus, ce projet ne peut se dissocier de la nécessité de créer un parking dans la zone de la Cassine. On pourrait même imaginer que celui de la Cassine soit le plus massif et que celui du quai Ravet soit étalé sur un niveau souterrain sur toute la superficie du foncier maîtrisé par la ville.

Rien n’y a fait, leur décision est prise.

Nous n’avons pas participé pas au vote concernant les aménagements d’espaces verts et d’éclairage public liés au nouveau réseau de bus et nous avons voté contre le rapport sur les portes de Mérande et le parking en silo « Ravet ».

La plupart des autres dossiers a défilé sans poser de question particulière.

J’ai choisi de m’abstenir sur celui de l’ancienne maison des parcs transformée en lieu commercial de fabrication de cocktail et d’activité de promotion du vélo. J’avoue ma tristesse de voir qu’au moment où nous allons accueillir les 14 communes des Bauges, nous ne soyons pas en capacité de maintenir et de faire vivre un solide projet renforçant le caractère « porte des parcs » de notre ville. La carte montagne doit être jouée par Chambéry, pleinement.

J’ai également profité également de ce rapport pour interroger le Maire sur les financements lié à l’accueil du Tour de France. Cela devrait coûter 115 000 euros. La Région ne participera pas contrairement à ce qu’elle fait pour le Puy en Velay (50% de prise en charge). Le Maire nous a expliqué que la Région intervient ainsi pour les départements les plus pauvres et qu’il préférait que la Région finance d’autres projets… L’un n’empêche pas l’autre !

Enfin, notre collègue Guy FAJEAU a abordé la question des réfugiés et des migrants en interrogeant le Maire, avec justesse et conviction, sur la politique d’accueil qu’il envisageait.

En réponse, nous avons eu droit à une leçon de sémantique et de géopolitique… Certainement une compétence de plus à mettre à l’actif de notre Maire qui semble s’y connaître aussi bien en quotas laitiers qu’en analyse des origines de Daesh…
Étudiant, j’avais un professeur qui – quand nous digressions dans le vide avec de pseudo analyses fruits des quelques lectures journalistiques du jour – nous recadrait intellectuellement en nous assénant que, je cite, « nous avions un avis sur tout et, surtout un avis »…

C’est bien malheureusement ce que m’a inspiré la réponse du Maire, qui n’en fut pas une puisqu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil chambérien pour les réfugiés. 7 familles ont été accueillies en 2015 et plus rien depuis…Mais le Maire n’en dira pas plus car il préfère le « secret » aux critiques de l’extrême-droite !

Bref, un Conseil municipal bien étrange. La Minorité fait son boulot, pose les questions qu’elle juge utiles, ne lâche rien et…la Majorité fait le dos rond en attendant que ça passe ! Bien triste conception de la démocratie locale…

Prochain Conseil municipal : le 25 novembre 2016.

 

 

 

 

3 réflexions sur “Circulez (mal…), il n’y a toujours rien à voir !

  1. Merci pour cet excellente synthèse qui reflète tout à fait la teneur des débats .
    J’insiste sur la honte que représente l’immobilisme de notre municipalité à propos de l’accueil de familles de migrants. Alors même que des petites communes se sont mises en marche et accueillent dignement des familles, notre cité n’ouvre pas ses portes !!! Toutes les communes volontaires témoignent d’un soutien sans faille des services de l’État, alors osons ! Même sans parler d’un grand nombre allons y progressivement mais allons y ! Des habitants sont prêts à s’investir, certains le font déjà, des associations font un travail remarquable, elles ont témoigné en place de l’hôtel de ville.

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  2. Merci pour ce compte rendu et votre persévérance
    Il reflète une conception bien particulière de la démocratie….sur bien des sujets dont celui des migrants!
    Ne désespérons pas chaque médaille à son revers et patience et longueur de temps valent mieux que peine ni que rage….

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  3. Il me semble que Chambéry Métropole appelle à la démocratie participative… Excellente idée, mais qui ne semble pas encore entrée dans les têtes de nos édiles qui semblent refuser les deux termes séparément. Alors, les deux ensemble… Alors, rappelons-leur le sens de cette expression: on ne fait pas absolument n’importe quoi, même si c’est ce que veulent les citoyens, qui ont délégué un pouvoir aux élus, mais on les consulte avec une information réelle, on les écoute, on change les projets en fonction du retour de ceux qui sont sur le terrain. Bref, on agit ensemble, pour le plus grand bénéfice de ce bien commun dont nous entendons beaucoup parler.
    Mais, dans les faits, les lycéens qui traînent leurs valises de pensionnaires dans toute la ville, parce que les bus qui vont vers les lycées ne les desservent pas, ou sont pleins, ou rares, ceux-là aimeraient bien qu’on les écoute un peu. Et les personnes pas forcément malades ni invalides, mais qui doivent courir un 400 mètres entre deux bus avec leurs paquets, la pluie et le refus d’exploiter la force des conducteurs de pousse-pousse, elles aimeraient bien qu’on revienne à un centre d’échanges unique!
    Mais la démocratie participative, ça demande aussi de regarder ce qu’on fait et, parfois, d’admettre qu’on a eu tort. Ouh, là, c’est un terrain miné!

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