Chambéry (2009-2015) : « les comptes sont fiables »


Après presque quatre ans de bruit et de fureur autour de la question des finances de la ville et de sa gestion, le rapport définitif de la Chambre Régionale des Comptes fait figure de juge de paix !


Lundi soir se tenait, à Chambéry, un Conseil municipal important dont l’ordre du jour comportait 25 rapports. Deux dossiers nous ont surtout mobilisés : le plan d’aménagement et de développement durable (PADD) et le rapport définitif de la Chambre régionale des comptes (CRC) pour les années 2009-2015.

L’enjeu était de taille avec, d’un côté, un débat sur les grandes orientations à venir de notre agglomération et, de l’autre, la conclusion de plus de trois ans d’insinuations, parsemées de dramatisation politicienne et de mise en cause à la limite de la diffamation : rappelons-nous, tout de même, les attaques incessantes entendues ou lues à propos des finances de la ville et de la prétendue « falsification » des comptes opérée sous le précédent mandat… sans oublier la prison qui était promise aux élus sortants par les arrivants de 2014. Tout ce qui est excessif est insignifiant aimait à dire Talleyrand…

Sauf que la salissure reste même si la réalité objective finit toujours par s’imposer, avec ses nuances et ses vérités, vierge de toutes polémiques. Nous sommes dans ce moment où la page se tourne, où l’arbitrage est rendu par la CRC et où les acteurs principaux de cette histoire semblent vouloir enterrer la hache de guerre. Reste à voir si la trêve sera durable…

Ce fut, en effet, plutôt surprenant de voir le Maire donner la parole à Bernadette Laclais avant même de nous faire connaître son analyse de ce rapport, au motif que la période étudiée par la CRC couvrait essentiellement le mandat précèdent. Elle s’exécuta avec précision, réalisme et objectivité.

Le Maire prit ensuite la parole avec le ton apaisé qui sied à l’exercice des responsabilités et qui s’impose sur de pareils sujets. La tâche de premier magistrat d’une ville comme Chambéry, dans le contexte difficile que connaissent les collectivités territoriales depuis la crise de 2008, suppose de laisser de côté les excès verbaux et la tentation revancharde ou caricaturale. Aucun spadassin, cette fois, pour porter la charge, dénoncer le « champ de ruines », menacer des foudres de la Chambre des comptes… Et pour cause ! L’adjoint aux finances a bien tenté une salve, en vain. Chacun a bien compris que des années d’insinuations, de rumeurs, de communication nauséabonde s’effondraient.

Nous le savions, nous le disions, mais la défaite nous avait rendu inaudibles.

Lundi soir, nous avons pu constater un vrai changement de registre dans la discussion entre l’actuel et l’ancien Maire. La conscience qu’il était temps d’en finir avec cette séquence psychodramatique qui a trop abaissé le débat démocratique au risque de désespérer les citoyens lassés des fausses querelles. Passons sur le ton moins objectif et moins rigoureux de la lettre du Maire en réponse au rapport et recommandations de la CRC, restons-en aux propos en séance…

Car, le débat a eu lieu et, ce qui devait être dit a été dit ! Sur la fiabilité reconnue des comptes, sur les efforts engagés par les uns et les autres, sur les emprunts structurés. Ce dossier est maintenant derrière nous.

La question des ressources humaines a également fait l’objet de propos mesurés de la part du Maire – bien qu’un peu sibyllins – visiblement inquiet des perspectives budgétaires à venir pour la fin de son mandat et certainement aussi préoccupé par les annonces gouvernementales en matière de taxe d’habitation…

Bref, si la sincérité fut toujours une constante depuis de nombreux mandats dans les comptes de la ville, elle a également prévalu dans les échanges qui se sont tenus hier. Le rapport définitif est désormais public et consultable ici : Rapport définitif de la Chambre régionale des comptes 2009-2015.

Le tout premier dossier de ce Conseil municipal nous invitait à débattre des grandes orientations d’aménagement et de développement durable à l’horizon 2030. Ecrit en novlangue territoriale où, tout est intense, harmonieux, apaisé, sécurisé, équilibré, entreprenant et j’en passe et des meilleurs, ce document, consultable en cliquant sur le lien suivant (PADD-PLUiHD 2017), est riche mais nous a paru négliger des aspects stratégiquement essentiels que nous souhaitons pourtant y voir figurer. C’est d’ailleurs l’objet de ce débat que d’amender ce document.

Nous avons donc, à plusieurs voix, demandé que la réflexion autour de la centralité de Chambéry soit menée dans le cadre du plus important projet structurant des années à venir, le Lyon-Turin ferroviaire et ses accès français. Notamment dans sa composante « voyageurs » (dans le respect de la déclaration d’utilité publique de novembre 2013) qui n’est même pas évoquée dans le document où seule la question du fret est mentionnée. L’enjeu est énorme pour Chambéry qui est en train de se doter d’une gare internationale dimensionnée pour accueillir cette ligne à grande vitesse.

Le Maire nous a répondu qu’il était particulièrement attaché à ce dossier et un de ses défenseurs historiques, qu’il n’y avait pas lieu à polémique sur un sujet qui avait toujours avancé de façon consensuelle en Savoie.

Alors nous lui avons demandé de bien vouloir inscrire son propos dans le PADD pour ainsi le confirmer et renforcer ce texte. A suivre…

Nous avons, évidemment, évoqué les contradictions visibles entre les grandes orientations affirmées et les réalisations engagées ou prévues : je n’en liste, ici, que quelques-unes.

  • Corréler « l’intensité de l’agglomération » à la construction de 14 800 logements en 12 ans soit environ 1200 par an, n’est pas négligeable et invite à souhaiter une réflexion approfondie sur l’urbanisation de notre agglomération, à la fois dans ses espaces périphériques périurbains dont l’identité est souvent fragile mais aussi dans notre ville où certains terrains non construits doivent revêtir une fonction d’aération urbaine (Pelouse du Mâconnais, terrains « Traverso » au Piochet, futur terrain de l’ancien Hôpital qui pourrait permettre une amélioration des accès au nouvel Hôpital…). Bref, l’orientation d’une construction importante de logements est nécessaire (le document parle de 80 à 150 hectares) mais ne peut se faire sans avoir à l’esprit de ne pas exagérer la densification de secteurs déjà bien construits.
  • « faciliter la fréquentation du centre d’agglomération » : force est de constater que les circulations actuelles récemment bouleversées ne sont pas en capacité d’atteindre cet objectif…
  • « Renforcer l’accessibilité de Bellevue depuis le centre-ville » : la formule n’est pas anodine et on ne voit pas bien ce que cela signifie : qu’envisage la municipalité depuis qu’elle a renoncé, enfin, à ce projet déraisonnable de téléphérique urbain (appelé encore transport téléporté…) et dont l’abandon satisfait le quartier.
  • « interdire l’extension foncière des zones d’activités commerciales existantes » : il ne faudrait pas que des projets d’extension commerciale (future galerie commerciale de Leclerc à la Boisse) viennent contredire cette orientation que nous partageons.
  • « limiter la présence de la voiture en ville et sa visibilité dans le paysage urbain» : belle contradiction avec la politique menée de pérennisation du parking devant Curial pour plusieurs décennies, du futur silo à voitures de 7 étages au Pont des Amours… sans parler de la dégradation du stationnement sauvage dans la zone piétonne en soirée ou le week-end et du point épineux du stationnement rue de Boigne des deux côtés de la rue.

d’autres points essentiels bien que généraux ont été abordés :

  • La question de la transition démographique et du vieillissement qui est absente du document général.
  • La préservation du patrimoine chambérien et de ses espaces verts patrimoniaux.
  • Le devenir des grands équipements culturels, artistiques et sportifs.
  • La place de l’enseignement supérieur et notamment de l’Université Savoie Mont-Blanc dans ce futur projet d’agglomération.
  • Les relations avec notre voisine, la commune nouvelle d’Annecy…

Peu de réponses nous ont été apportées dans le détail et rien ne nous garantit, pour le moment, que nos contributions seront prises en compte. A suivre également de très près avant le Conseil communautaire du 14 décembre prochain.

D’autres rapports importants mais moins sujet à discussion – ou plus techniques – ont animé ce Conseil municipal : le lancement d’un travail de requalification du secteur Nord de la ville (Vetrotex, grand Verger, Alsace-Lorraine) et des circulations, le renouvellement du contrat enfance jeunesse, le dernier compte administratif des pompes funèbres municipales, du crématorium et de la régie municipale de stationnement (qui disparaît au profit d’une délégation de service public à Q-Park pour 30 ans !!!), les ouvertures dominicales des commerces pour 2018…

En somme, un Conseil municipal qui était particulièrement attendu et qui met un terme à des années d’intolérables insinuations devenues aujourd’hui insoutenables.

Reste que si une page s’est tournée hier, à mi-mandat, il nous faut être vigilant et travailler avec détermination, durant les trois années qui viennent, afin de proposer un autre projet pour notre ville et notre agglomération.

 

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