Retour sur les derniers conseils municipaux


Septembre 2018 – janvier 2019 : cinq Conseils municipaux, une grosse centaine de délibérations et un constat : le navire municipal a coupé les moteurs et glisse vers la fin de mandat sans que l’on doive s’attendre à des nouveautés.

 

 

Septembre 2018 : un conseil de rentrée bien terne avec peu d’enjeux :

  • une série de rapports de déclassement du domaine public intégrant les deux parcelles de Bellevue qui font largement débat, aujourd’hui, sur la colline,
  • la mise en place d’un dispositif de « vigilance citoyenne » à propos duquel nous avons alerté sur les dérives possibles, la confusion des rôles entre les professionnels de la sécurité et des citoyens érigés, sans grande formation, au statut de supplétifs des forces de l’ordre sans parler de la responsabilité que l’on risque de faire peser sur leurs épaules. Dans un contexte de confusion des genres dans l’organigramme de la ville entre le cabinet du Maire et la direction de la police municipale, nous pouvions légitimement affirmer quelques préoccupations.

Octobre 2018 : Une sorte de routine s’installe…

  • une énième modification du périmètre de la ZAC Vetrotex (futur éco-quartier ),
  • la désignation du maitre d’œuvre du futur stade municipal.

Novembre 2018 :  20 délibérations de gestion formelle des affaires municipales : à noter plusieurs ventes de biens municipaux dont l’immeuble de « Macornet ».

Décembre 2018 : 26 délibérations de gestion dont une sur les tarifs municipaux et l’ensemble des rapports des délégataires (cantine scolaire, stationnement…).

Janvier 2019 n’a pas dérogé à la règle qui s’est installée depuis six mois : un petit Conseil municipal dont le rapport phare était le débat sur les orientations budgétaires.

Phare mais sans saveur. Le même que les autres années. Cohérent mais sans véritable ambition autre que d’afficher et de se glorifier des sacrifices demandés aux habitants (autour de 750 € en 5 ans par foyer fiscal chambérien auxquels il faut ajouter environ 90 €/an de perte due à la suppression de l’abattement à la base en 2015) et aux services municipaux qui sont administrés avec une réelle brutalité, conséquence des choix politiques faits par le Maire et son équipe.

Depuis 2014, en effet, le choix a été fait de limiter les investissements et d’augmenter les impôts locaux. L’équation est évidente : moins de pouvoir d’achat pour les habitants et moins de redistribution des recettes fiscales supplémentaires perçues.

Ne pas emprunter ? Admettons, mais avec quel objectif, avec quelles conséquences pour l’investissement et à quel prix pour les habitants ? C’est là la question de fond qui nous oppose depuis le début du mandat.

Le choix du Maire a été de geler la progression des investissements en 2015 – 2016 – 2017 – 2018 pour ne pas avoir à emprunter et, ainsi, faire baisser, mécaniquement, le stock de dette. On a entendu parler de « remède de cheval », de « serrer » les dépenses, « couper »… et, en même temps, on demandait aux Chambériens de toujours plus mettre au pot par la hausse de la fiscalité (cela fera 30 millions de hausse au terme du mandat en 2020).

Ajoutons que cette politique de faibles investissements a des conséquences, évidemment, sur les entreprises locales, peu sollicitées par la Ville.

On nous explique que c’est le moyen de créer de la confiance avec les banques pour qu’elles nous prêtent à de meilleurs taux… sauf que la ville n’a presque rien emprunté pendant 5 ans, au moment où les taux étaient les plus bas, et subira des taux plus hauts quand elle aura besoin d’investir le jour où elle aura, enfin, un vrai projet urbain ! Allez comprendre.

Ce qui est certain, ce sont les néfastes conséquences pour les Chambériens. Dressons un premier bilan car ce sont plusieurs millions d’euros, chaque année, qui n’ont pas été investis pour le bien commun de nos concitoyens ; plusieurs millions d’euros qui ont manqué pour :

  • L’entretien et la rénovation de nombreux bâtiments municipaux,
  • Un vrai projet de requalification de la traversée de notre ville (a contrario, nous avons subi les « bricolages » incessants du plan de circulation et du nouveau réseau de bus qui n’ont apportés aucune solution aux difficultés identifiées auparavant),
  • Garder la maitrise du stationnement de surface et éviter de s’en remettre totalement à un seul opérateur devenu monopolistique…
  • Un vrai projet de requalification du boulevard de la Colonne où le talent du cabinet d’urbanisme qui a travaillé cet automne n’efface malheureusement pas le manque de projet municipal de rénovation global et d’investissement réel qui aurait permis, sans précipitation, l’élaboration d’un bel espace attractif tant pour les commerces ou les professionnels que pour les habitants.
  • S’éviter les hausses de tarifs constatés, la hausse des prix du stationnement, la hausse des prix de mise à disposition de salles aux associations,
  • S’éviter une politique massive de vente des biens communaux pour compenser le manque d’investissement dû au non recours à l’emprunt,
  • Garantir la gratuité des garderies scolaires,
  • Garantir certains outils de démocratie locale qui ont été supprimer ou vider de leurs ambitions,
  • Maintenir des conditions de travail qualitatives dans les services. Ces derniers sont trop souvent vus, par le Maire et son équipe, comme une charge plutôt qu’une ressource.

 

D’autres choix étaient possibles, d’autres orientations budgétaires pouvaient se défendre dans un souci à la fois de gestion rigoureuse et de juste redistribution des recettes fiscales municipales.

Les mois qui viennent seront l’occasion de reparler de ces sujets et de bien d’autres encore car, nous le savons depuis le 12 janvier, le Maire sera candidat à sa réélection, en 2020.

Comment ne pas le savoir ! Annonce lors des vœux, articles de journaux, lettre envoyée à tous les Chambériens (au frais des Chambériens…) pour annoncer qu’il ne serait plus député européen (faute de place ou de score attendu suffisant pour le rendre éligible ? Ou bien choix de cœur annoncé après 5 années de cumul des deux mandats ?).

Dans un propos préliminaire au Conseil, alors que nous l’interrogions sur sa déclaration de candidature (ou de non-candidature à l’Europe), le Maire nous a même gratifié d’un plaidoyer sur le cumul des mandats, regrettant qu’il soit désormais impossible… déplorant la fabrique d’élus « hors-sol »… Il est vrai qu’en étant plusieurs jours par semaines à Bruxelles ou Strasbourg, ces cinq dernières années, il a forcément été mieux « connecté » aux Chambériens…

Ce monde-là tarde à s’achever. Cette façon de faire de la politique une carrière exclusive ne répond plus à l’attente d’une démocratie moderne et respectueuse des citoyens qui veulent être représentés, à plein temps, par leurs élus.

Il est temps, maintenant, de se retrousser les manches et de bâtir une alternative large, ouverte et solide.

En avant !

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