
Louis Besson nous a quitté aujourd’hui.
Toutes mes pensées les plus amicales vont à son épouse, ses filles et leurs enfants.
Ma tristesse est infinie, et déjà le vide se fait sentir, abyssal.
Les souvenirs se bousculent sur fond de nostalgie des moments d’échanges profondément humains rivés dans les fauteuils en simili cuir de son bureau en mairie, recouvert de piles de dossiers rigoureusement agencés.
Et puis, il y avait les relectures du « Bleu » avant les conseils municipaux, les corrections au stylo Pilot bleu ciel pointe 0.5, les remarques critiques mais toujours bienveillantes, jamais blessantes, et un humour corrosif à nul autre pareil.
Le tout entremêlé d’anecdotes et de récits de la grande histoire : son engagement pour la paix négociée en Algérie, les virées en bateau dans le Pacifique contre les essais atomiques, les discussions à propos de Mounier, du PSU, le mouvement des GAM (groupes d’action municipale) avec Hubert Dubedout, son fidèle compagnonnage avec Michel Rocard, sa relation si singulière avec François Mitterrand dont il fut ministre, la loi Montagne, sa participation au gouvernement Jospin, la loi SRU… et son indéfectible engagement pour le Lyon-Turin.
L’exigence était à l’ordre du jour, en permanence, pour l’infatigable travailleur qu’il était. Les heures ne comptaient jamais, les dimanches étaient souvent l’occasion de faire ce qu’on n’avait pas eu le temps de faire en semaine, histoire de ne pas perdre une occasion d’avancer.
Il aimait Chambéry, la Savoie, profondément, connaissait tout le monde, ne pouvait traverser le marché sans une multitude de rencontres, distribuant son légendaire et généreux sourire, griffonnant son petit carnet noir pour ne rien risquer d’oublier.
Toujours accessible, ne regardant jamais sa montre pendant un rendez-vous, à l’écoute d’abord des plus faibles, il fut un maire de transformation urbaine et sociale. Un de ces hommes qui donnent envie de s’engager dans la vie publique, d’y trouver du sens au service de tous.
Merci, très cher Louis, pour tout cela.
Merci de m’avoir accueilli ce jour de juin 2008 – comme directeur de cabinet de Bernadette Laclais, maire de Chambéry – en me qualifiant « d’invité inattendu de la vie » et d’avoir construit et entretenu au fil du temps un lien de confiance si formateur et affectueux.
Merci pour avoir toujours été là, tel un roc, immuable, inaltérable pour que nous n’oublions pas le cap. Nos coups de fil du samedi, 11h, me manquent déjà…
Aujourd’hui, ma tristesse est immense mais ma reconnaissance l’est plus encore.
Quel honneur d’avoir croisé ton chemin.